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Par où commencer lorsqu’on est un jeune auteur ?

Photo du rédacteur: Alexandre Prisse
Alexandre Prisse
19 août
3 min de lecture

Souvent, lorsque nous sommes jeunes, nous sommes ambitieux. Et cette ambition, aussi remarquable soit-elle, se fracasse rapidement contre la réalité, beaucoup plus crue, du monde du cinéma. Car, à moins d’être la fille de Lindon, il est rare, voire presque impossible, de réaliser son premier film à 17 ou 18 ans. Je parle évidemment ici de la réalisation d’un long métrage.


Un jeune réalisateur veut immédiatement faire du cinéma. Il veut donc écrire et mettre en scène des œuvres longues, complexes, profondes, fréquemment immatures mais qui découlent d’un charme passionnel et brut. Cependant, cette ambition est vouée à l’échec pour la simple raison que le cinéma est avant tout un art qui coûte cher. Je ne parle pas uniquement du matériel nécessaire à la fabrication d’un film : la salle de montage, la caméra, les costumes, les décors, etc. Je sais que les plus malins sauront contourner une partie de ces contraintes budgétaires. Non. Le problème est ailleurs : le talent coûte cher.


Les techniciens, les comédiens, les chefs opérateurs, les ingénieurs du son, les monteurs, les costumiers, les décorateurs… Tous ces artisans du cinéma sont indispensables pour parvenir, ne serait-ce qu’à un film correct en termes de son et d’image. Et leur travail a un coût.

Pour faire simple : un jeune auteur ne possède généralement pas les conditions matérielles nécessaires à la réalisation d’un long métrage de qualité, et ce, quelle que soit la qualité de son écriture ou son talent de réalisateur.


« Dans ce cas, écrivons un long métrage et proposons le à une société de production. »


Là encore, le problème demeure. Il est extrêmement difficile pour un producteur de long métrage de faire confiance à un auteur ou réalisateur amateur qui n’a encore rien réalisé. Non pas nécessairement parce que le scénario est mauvais, ni parce que le jeune auteur manque de talent, mais simplement parce qu’il n’a pas encore fait ses preuves. Le constat est donc assez simple : chercher à réaliser un long métrage lorsqu’on est très jeune est souvent une perte de temps.


Dit comme ça, cette note de blog semble presque inutile tant j’enfonce une porte ouverte. Pourtant, je reçois plusieurs fois par semaine des scénarios de longs métrages — alors même que ma société de production n’est pas, pour le moment, en capacité d’en produire — que de jeunes auteurs / réalisateurs m’envoient sans avoir réalisé quoi que ce soit en amont.


Alors, par où commencer lorsqu’on est un jeune auteur ? Par le court métrage.

Pas nécessairement parce que le court métrage serait une version « miniature » du long métrage. Mais parce qu’il permet de faire ce que le cinéma demande avant tout : faire.


Écrire un scénario de long métrage est relativement facile. En réaliser un, beaucoup moins. En revanche, écrire, financer, tourner et monter un court métrage permet de passer immédiatement de l’idée à la pratique. On apprend à travailler avec des comédiens, à diriger une équipe, à penser une mise en scène, à enregistrer du son, à monter, à raconter une histoire en images et surtout, à terminer un film. Un court métrage terminé vaut souvent davantage, pour un jeune réalisateur, qu’une dizaine de scénarios de longs métrages encore dans un tiroir.ù


Alors, si vous avez 17, 18, 20 ans et que vous rêvez de réaliser votre premier grand film, écrivez-le si vous en avez envie. Gardez vos idées. Écrivez vos longs métrages. Mais surtout : faites des courts. Parce que le meilleur moyen de devenir réalisateur, finalement, reste assez simple : réaliser.


 
 
 

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